A l’Edhec, un campus pour deux clans

Bachelor versus programme grande école. Sur le campus lillois de cette « business school », les étudiants mènent des vies parallèles, selon la filière qu’ils ont choisie. Dans un climat de relative indifférence.

Par Cécile Peltier Publié hier à 09h00

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Illustration : Erwan Fages

Pour s’imprégner du « cas » du jour, une étude de la stratégie de marque d’Adidas, plusieurs étudiants de ce cours de marketing de deuxième année de bachelor ont chaussé des baskets dont les couleurs chatoyantes contrastent avec les murs ­immaculés de la salle de cours. « Dans quelle autre tendance s’inscrit la marque ? », ­interroge la professeure, Sabine Ruaud. « Oui, le vintage moderne, la logotisation, c’est ça ! »

Il est 11 h 30 sur le campus lillois de l’Edhec et, malgré l’heure du déjeuner qui approche, l’interactivité du cours tient la trentaine d’étudiants en haleine. Des étudiants dynamiques, qui n’ont pas peur de prendre la parole.

Nous n’assistons pas à un cours de l’Edhec au sens classique du terme – dans ce cursus grande école en trois ans, qui délivre un ­diplôme de master et recrute parmi les meilleurs étudiants des classes préparatoires de France. Nous sommes dans un cours du ­Bachelor in Business ­Administration (BBA), un cursus postbac en quatre ans, bien moins ­sélectif à l’entrée et moins connu du grand ­public. « Quand je dis que je suis à l’Edhec, les gens pensent d’abord au master », confie Sara, en deuxième année de ce bachelor.

Deux formations, deux publics, deux philo­sophies. Le bachelor attire, à l’instar de Sara, des étudiants séduits par les cours professionnalisants et la possibilité de réaliser très rapidement stages et séjours à l’étranger, quand le ­programme grande école (PGE) recrute des « très bons élèves » sélectionnés à travers un concours académique sanctionnant deux années de ­bachotage en prépa.

Une fourmilière

« Les étudiants de bachelor sont moins formatés que les élèves de la grande école. Ils n’arrivent pas avec la même culture, les mêmes attentes… On part plus facilement du concret pour expliquer la théorie », confie Sabine Ruaud. Comme les 172 professeurs et chercheurs permanents de l’Edhec, elle enseigne aussi bien en BBA qu’en PGE ou en MBA. A des élèves qui partagent au quotidien les 43 000 mètres carrés de locaux pédagogiques de l’imposant campus lillois : ­salles de cours, cafétéria, salle de spectacle, ­incubateur, équipements sportifs… « Et pourtant, à part en sport ou dans certaines associations, on a très peu de contacts », assurent en chœur Sara, ­Perrine, Joseph et Théo, tous élèves en deuxième année du BBA.

« On a chacun nos rencontres entreprises, on n’a pas les mêmes besoins en matière de stages », Théo, étudiant en deuxième année de BBA