Le site eBay sous la pression de deux fonds activistes

Elliott et Starboard Value réclament des changements au sein de la plate-forme américaine de commerce en ligne pour permettre à celle-ci de mieux rivaliser avec Amazon.

Par Jérôme Marin Publié hier à 11h40

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Au siège d’eBay, à San José (Californie), en janvier 2015.

Au siège d’eBay, à San José (Californie), en janvier 2015. Marcio Jose Sanchez / AP

Quatre ans après une première défaite, eBay se retrouve, une fois de plus, sous la pression de fonds activistes. Face à un plan de relance qui tarde à produire ses effets, deux d’entre eux, Elliott et Starboard Value, réclament des changements majeurs au sein du site américain de commerce en ligne, qui publie ses résultats annuels, mardi 29 janvier. Ils militent notamment pour des cessions d’actifs devant lui permettre de se focaliser sur son cœur de métier et, partant, de mieux rivaliser avec Amazon, le leader du marché.

Elliott met en avant la faible croissance du chiffre d’affaires, qu’il impute à « un historique de mauvaise ­gestion »

« En tant qu’investissement boursier, eBay fait moins bien que ses pairs et que le marché depuis une longue période », souligne Elliott Management, qui détient désormais plus de 4 % du capital de la société. Dans un long courrier adressé, le 22 janvier, au conseil d’administration, le fonds met en avant la faible croissance du chiffre d’affaires, qu’il impute à « un historique de mauvaise ­gestion ». Il suggère ainsi plusieurs mesures, promettant un doublement du cours boursier d’ici à la fin de 2020.

La démarche d’Elliott n’est pas encore hostile. Mais la firme new-yorkaise, qui gère plus de 34 milliards de dollars (29,8 milliards d’euros) d’actifs, est une habituée des batailles au long cours pour faire céder ses cibles. Depuis plusieurs mois, elle mène une guerre ouverte contre Vivendi pour le contrôle de Telecom Italia. En mai 2018, elle a obtenu la majorité au sein du conseil d’administration de l’opérateur italien de télécommunications, aux dépens du groupe français, qui possède pourtant une participation trois fois plus élevée dans le capital.

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Selon le Wall Street Journal, le deuxième fonds, Starboard Value, discute déjà depuis quelques mois avec les dirigeants de la société, dont il détient près de 4 % des actions. Mais il n’a pas encore officialisé ses revendications. Nettement plus jeune qu’Elliott, Starboard s’est notamment fait un nom en 2017, lorsqu’il a obtenu gain de cause face à Yahoo!, alors contraint de céder ses activités Internet à l’opérateur téléphonique Verizon.

Autre pionnier du Web, eBay avait, lui aussi, capitulé en 2014 devant l’investisseur Carl Icahn. Après des mois de conflit, la direction de l’époque avait fini par accepter un projet de scission entre son site marchand et PayPal, sa filiale de paiements en ligne. Cette opération, finalisée à l’été 2015, s’était accompagnée de l’arrivée d’un nouveau directeur général, Devin Wenig, bien décidé à donner un coup de jeune à l’entreprise fondée en 1995.