Les influenceurs changent la face du marketing

©PHOTOPQR/LE PARISIEN ; SQUEEZIE, 19 ANS, LA NOUVELLE STAR DU NET AVEC SES TESTS DE JEUX VIDEOS (5 MILLIONS D'ABONNES). STUDIOS DE MIXICOM (OU IL TOURNE SES VIDEOS) PARIS 10EME LE 5 NOVEMBRE 2015 PHOTO : DELPHINE GOLDSZTEJN (MaxPPP TagID: maxpeopleworld916837.jpg) [Photo via MaxPPP]

DELPHINE GOLDSZTEJN / PHOTOPQR/LE PARISIEN

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Publié hier à 16h30, mis à jour à 15h00

Renan Pacheco, 24 ans, a commencé à poster ses photos de voyage sur Instagram, il y a cinq ans, alors qu’il étudiait l’économie et la gestion à l’université Paris-Dauphine. « Cela a démarré comme une passion, le métier d’influenceur n’existait pas. » Aujourd’hui, c’est devenu son gagne-pain. Au retour de son dernier voyage dans sa famille, au Brésil, ce jeune homme au profil de mannequin n’oublie pas de poser tout sourire, une valise à la main, et de remercier son client Samsonite.

Influenceurs, motivateurs, créateurs de talents, ou « KOL » (acronyme de key opinion leader, en vogue en Asie), ils sont désormais des millions dans le monde et 150 000 en France à connecter, comme lui, des marques à leurs communautés sur les réseaux sociaux. Décoiffant au passage la façon de parler des produits, de les concevoir et, dans un avenir proche, de les vendre. « Les influenceurs ont un énorme pouvoir entre les mains, ils sont les nouveaux médias », affirme Lolita Abraham, qui réunissait à Monaco, début octobre, 150 influenceurs du monde entier pour les Influencers Awards, « Oscars » d’une profession en quête de reconnaissance.

De Kylie Jenner au pêcheur à la mouche

Le vocable d’influenceur « sonne un peu comme “chamane” ou “hypnotiseur” », s’amuse Benjamin Simmenauer, professeur de stratégie des marques à l’Institut français de la mode, à Paris. Il s’applique aussi bien à une star comme Kylie Jenner – 22 ans, 147 millions d’abonnés sur Instagram, benjamine du clan Kardashian et plus jeune milliardaire de l’histoire – qu’à l’expert de la pêche à la mouche dans les Pyrénées suivi par quelques centaines ou milliers de passionnés. Sans oublier les ados fans de jeux vidéo, les avatars générés par ordinateur ou les chiens et chats coachés par leurs fiers propriétaires.

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La puissance de ces Raspoutine de l’Internet inquiète déjà, depuis la révélation de nombre de pratiques frauduleuses (achat d’abonnés, publicités déguisées ou mensongères…), mais elle s’impose inexorablement. Cet été, Fabrizio Freda, le patron d’un des plus grands groupes de cosmétiques mondiaux, Estée Lauder, a fait sensation en annonçant que, désormais, 75 % de son budget publicitaire était investi dans le numérique, et que le marketing d’influence était le principal bénéficiaire de ce renforcement.